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Designé par Januzzi Smith, agence de graphisme suisse-anglaise, Informal est une monographie de projets déterminants de Cecil Balmond, menés en collaboration avec les architectes Koolhaas, Libeskind, Siza et Van Berke.

Cecil Balmond est un ingénieur structurel, professeur et auteur srilankais réputé qui a étudié à L’Imperial College de Londres, ville où il réside désormais. Ses centres d’intèrêt portent principalement sur « la genèse des formes et sur les liens étroits entre la science et l’art ». La musique, les nombres, et les mathématiques sont ses sources d’inspiration privilégiées.

Il est président du célèbre bureau d’ingénieurs Ove Arup & Partners à Londres, à l’origine de grands projets innovants tels que le Stade olympique de Beijing, le Terminal 5 de Heathrow ou encore l’Opéra de Sydney. Il dirige également l’AGU – Advanced Geometry Unit – un bureau de design qu’il a créé en 2000 au sein de l’ARUP et qui se consacre à la recherche, avec l’aide d’architectes, de scientifiques et d’ingénieurs.

Dés la fin des années 80, Cecil Balmond collabore avec les plus grands architectes de la planète à la réalisation d’une grande variété d’édifices tout aussi remarquables les uns que les autres, comme avec l’écossais James Stirling pour le musée d’art Staatsgalerie à Stuttgart, ou avec le néerlandais Rem Koolhaas pour le musée Kunsthal de Rotterdam, en 1984 (il retrouvera ce dernier pour la Casa da Musica à Porto en 2005).

Chaque année depuis 2001, il a aussi l’occasion de collaborer avec des architectes renommés pour la réalisation du Pavilion de la Serpentine Gallery à Londres. Il a par exemple œuvré avec les Japonais Toyo Ito et Shigeru Ban, l’Américain Daniel Liberskind ou encore le Portugais Alvaro Siza.

Cecil Balmond s’efforce de « mettre en œuvre et d’adapter des techniques nouvelles pour répondre aux contraintes artistiques parfois complexes et paradoxales ». Il a également eu l’occasion de travailler avec le sculpteur et designer britannique Anish Kapoor à la réalisation de la sculpture Marsyas à la Tate Modern (la plus grande installation en tissu jamais réalisée).

Son travail est remarquable car il fût l’un des premiers ingénieurs a envisager la relation entre son travail et l’architecture sous un angle nouveau: avec lui, le travail sur la structure vient apporter une véritable plasticité dans l’architecture, rendant floues les frontières entre les disciplines.

Francine Fort, directrice d’arc en rêve centre d’architecture à Bordeaux dit à son propos: « sa conception informelle des variations possibles de la structure, envisagée comme un champ d’expérimentations libres et audacieuses, dégagées des codes et des références consacrés, est à l’origine de son apport singulier à la genèse de bâtiments qui marquent l’architecture à l’œuvre.  »

C’est ce qu’explique le livre Informal en détail, à travers sept réalisations exemplaires: la Villa Floriac à Bordeaux, le Kunsthal à Rotterdam, le Chemnitz Stadium à Cologne, Congrexpo à Lille, l’extension du Victoria and Albert Museum à Londres, la pavillon Portuguais à Lisbonne, le Transport Interchange à Arnhem.

Cecil Balmond avec son livre <em>Informal</em>

Cecil Balmond avec son livre Informal

Tout le travail des graphistes a été d’arriver à (re)transcrire les théories de l’ingénieur, et à faire en sorte que ses croquis ne soient pas de simples illustrations techniques, mais deviennent « des clés de compréhension de son approche des problèmes ».

Ce travail commun, fruit d’un long processus entre l’auteur et les designers a permis l’élaboration d’un ouvrage particulièrement cohérent, qui expose des théories novatrices en expérimentant dans leur mise en forme graphique et invite le lecteur à rentrer dans le dialogue entre Cecil Balmond et les architectes avec lesquels il travaille, en partageant l’intimité des croquis et des esquisses qui ponctuent leur collaboration.

Le propos est servi par une conception éditoriale, graphique, typographique et une fabrication remarquables. Les projets sont ainsi répartis dans des sections distinguées par des couleurs, dans lesquelles la mise en page s’adapte en fonction des contenus et explore leur potentiel, et ou la fabrication (notamment l’impression) varie, passant d’images en quatre ou trois couleurs à des bichromies, des monochromies, des surimpressions, etc. Le texte, cherchant à s’affranchir des alignements standards (ferré à gauche, à droite ou centré), s’invente un « alignement interne » caractéristique, qui parcourt le livre en lui donnant un discret raffinement.

La couverture devient le sommaire abstrait de l’ouvrage et vient exposer la répartition des contenus, en reprenant le code coloré et la proportion allouée aux différents projets.

L’ouvrage a reçu un formidable écho lors de sa sortie et a été récompensé par le prix Banister Fletcher (meilleur livre d’architecture de l’année), un prix d’argent à la compétition des D&AD (Designers and Art Directors), un autre à celle du Art Directors Club de New York, et cinq autres prix dans différents concours internationaux (du design à la typographie)!

Il est vrai qu’au delà de nous faire partager l’essence de ce qui fait tenir un projet debout, le livre parvient à transmettre l’idée que derrière une forme, si complexe ou technologique soit-elle, réside une inexplicable et intangible part d’art et de poésie.

Plus d’informations sur la page dédiée au livre du site de l’agence JannuzziSmith:Informal

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