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« J’aurais pu appeler ça “le temps des loisirs”, mais j’ai préféré prendre “Playtime”. Dans cette vie moderne parisienne on range des voitures dans des “parkings”, les ménagères vont faire leurs courses au “supermarket”, il y a un “drugstore”, le soir au “night-club”, on vend les liqueurs “on the rock”, on déjeune dans des snacks et quand on est très pressés dans des “quick”. Je n’ai pas trouvé de titre en français. »
Jacques Tati

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De Playtime, quatrième long métrage de Jacques Tati, on a longtemps retenu, davantage que la démesure du film lui-même, la démesure du projet : un tournage monstrueux, un décor monumental d’Eugène Roman – la “Tativille”, sortie de terre sur les 15 000 m2 d’un terrain vague de Joinville –, un format unique (c’est le seul film français tourné en 70 mm), et finalement un gouffre financier dans lequel Tati engloutit les deniers glanés par ses précédents films, mondialement célébrés. Et puis l’échec. Au moment de la sortie du film, fin 1967, bien peu perçoivent l’intérêt de ce “machin”. Tati s’y attendait, il comptait sur les Américains… qui n’achèteront pas le film. Il faut dire que Playtime est une œuvre d’une ambition extrême, un film fou, total, une sorte de monade qui contient le monde à l’échelle de ses faux immeubles gris entre lesquels glissent Monsieur Hulot, des voitures, des touristes… et des hôtesses de l’air. L’expérience de cinéma proposée par Tati y prend la forme d’une invitation / initiation, générant une nouvelle forme de perception d’un film, défrichant un territoire jusque-là inexploré, et bien peu, sinon pas du tout, fréquenté depuis. (Lire la suite.)

Jean-Philippe Tesse

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Présentation de l’exposition,
Jacques Tati, Deux temps, trois mouvement
Cinémathèque française, 2009

En 2009, il aura 102 ans, le temps justement pour la Cinémathèque française de lui rendre hommage hors des commémorations obligées qu’il ne prisait guère. Un peu de retard… Quoi de plus normal pour celui qui a toujours pris un malin plaisir à entrer dans ses propres films à contretemps. L’année en tout cas que nous avons choisie pour honorer, au présent, son génie. 2009 donc, c’est le grand chambardement : exposition de 650 m2, films projetés en salle et dans le hall une signalétique joyeuse. N’était-ce pas le plus grand souhait de Tati de voir tous les arts du spectacle investir les lieux mêmes du cinéma ? Et quel plus bel endroit à Paris pour accueillir une exposition consacrée au réalisateur de Playtime que ce bâtiment fascinant de la Cinémathèque française conçu par Frank Gehry, que jouxtent un jardin potager, un manège d’enfant et les tours que Dominique Perrault a dessinées pour la Très Grande Bibliothèque ?

Stéphane Goudet et Macha Makeïeff

Mon-Oncle

En écho à l’exposition « Jacques Tati, deux temps, trois mouvements » à la Cinémathèque française, le CENTQUATRE nous propose la visite de la Villa Arpel, célèbre décor du film désormais culte Mon Oncle.

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