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En ce moment au Pavillon de l’Arsenal a lieu l’exposition Œuvres construites. 1948-2009. Architectures de collection rassemblant 58 œuvres originales à propos de 58 bâtiments emblématiques construits entre 1948 et 2009 dans la métropole parisienne.

Les œuvres sont issues de la collection Architecture du Centre Pompidou et chacune de ces œuvres originales est associée à un reportage photographique actuel et inédit offrant ainsi un nouveau regard sur la réalité et les usages de ces bâtiment aujourd’hui. Une série de témoignages vidéos d’époque propose des rencontres privilégiées avec les architectes et leurs pensées urbaines.

La scénographie est conçue par l’architecte Philippe Gazeau. Dans le catalogue de l’exposition, il explicite les objectifs de son intervention et pose les questions de la représentation de l’architecture, à travers le projet, en l’absence du réel.

Poser, disposer, exposer

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De quoi parle-t-on exactement dans une exposition d’architecture ?

Ici, au Pavillon de l’Arsenal, il faut installer les collections d’une institution (le Centre Pompidou) dans une autre, leur trouver une place spécifique dans un espace déjà occupé par plusieurs autres expositions, permanentes ou temporaires, présentant plus ou moins des objets et des images de même nature. Ces maquettes et ces dessins proposent des représentations partielles d’œuvres construites, celles-ci étant évidemment absentes. Elles sont les preuves tangibles d’un processus de création, des arrêts sur images, des pétrifications de la pensée conceptuelle et du travail de recherche, voire de communication du projet architectural.

Comment réagir devant la représentation d’une œuvre construite ?

Le document de travail ou de communication de l’architecte (maquette, dessin, croquis), parce qu’il renvoie forcément au bâtiment projeté ou construit, est rarement une œuvre en soi ou autonome. Pour autant, la beauté de ces dessins et de ces maquettes est-elle de même nature que celle ressentie devant — ou dans — l’œuvre construite ? Le projet scénographique doit aider à faire la part des choses entre ce qui nous attire dans les qualités esthétiques de ces dessins et de ces maquettes et ce qui nous touche dans la beauté d’une construction réelle. L’exploitation par la scénographie du matériau exposé doit nous apprendre à ne pas confondre ces deux expériences sensibles.

Comment exprimer une absence, celle du monde physique ?

L’exposition est une expérience presque exclusivement visuelle, la découverte de l’œuvre construite est d’abord une appréhension physique. D’un côté, on voit de l’architecture en projet en dehors de son contexte réel, de l’autre, on la vit d’abord sans recul et sans distance critique. Le principe scénographique de cette exposition invente un point de vue intermédiaire, un entre-deux critique au sein duquel la matière exposée est à la fois engloutie et rejetée par une nouvelle réalité, celle de l’espace scénographique. Celui-ci répond à la problématique particulière du rapport, toujours insatisfaisant dans une exposition d’architecture, entre l’œuvre construite absente et ses représentations exposées; entre disparition et illusion, il s’agit de retrouver “l’épaisseur” du réel.

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Ci-dessous, des vues de l’exposition par le photographe Vincent Fillon.

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Œuvres construites, 1948-2009
Architectures de collection
Paris, Île-de-France

Du 9 novembre 2009 au 28 mars 2010
au Pavillon de l’Arsenal, Paris 4