Debord-psychogeographie

La critique situationniste se tourna avec vigueur contre les normalisateurs corbuséens ou communistes en privilégiant une conception poétique de la ville, respectueuse des contraintes historiques qui l’ont engendrée ; l’allusion à la carte de voyage Michelin n’est pas gratuite : on découvre et on explore mais on ne détruit pas ; le guide nous introduit dans les espaces fréquentés par les situationnistes : les unités d’ambiance, cafés, ou divers lieux de rencontre, et décrit les chemins pris pour les atteindre : les pentes psychogéographiques. Les thèses architecturales et urbanistiques de Guy Debord seront longuement développées dans les douze numéros de l’Internationale Situationniste à partir de 1958.

D’un plan de Paris de 1734, dit « plan de Turgot », Guy Debord va faire l’un des emblèmes de la cartographie situationniste. Cette géographie des passions trace, par éclats, flèches, plaques tournantes, les relevés expérimentaux de comportements vécus dans les plis secrets de la ville. Le « Guide psychogéographique de Paris » sous-titré « Discours sur les passions de l’amour » est publié par le Bauhaus Imaginiste, de son ami peintre et théoricien Asger Jorn, en 1957. Soit la même année que la fondation de l’Internationale Situationniste. Il est l’aboutissement d’une recherche visant à une esthétique du dépassement de l’art, c’est-à-dire le passage de l’œuvre dans la vie entendue à la manière d’un théâtre baroque où le décor est mis au service d’une intensité passionnelle.

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Plus récemment, et de manière étrangement mimétique, le graphiste Vincent Perrottet  nous donnait une version cartographique de son sentiment sur la ville. Pour en savoir plus sur son travail je vous conseille la visite de son site.

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