Structure et flexibilité, Emmanuelle Giffard

[ci-dessus, le projet d’Emmanuelle Giffard]

En troisième année, le cours de Projet débute par l’analyse de logements (voir article du 29/09/09 ici) puis s’enchaîne sur un exercice in abstracto consistant en la proposition conceptuelle d’un projet de logements collectifs. Cet exercice permet d’approfondir l’étude de la flexibilité entamée lors du précédent exercice d’analyse. Les étudiants se confrontent donc pour la première fois à la mise en scène de leur propre concept dans un grand format (A0) où la présence d’un certain nombre d’éléments graphiques est imposée (échelles, coupes, plans, schémas, etc.).

L’exercice se déroule sur 4 ou 5 semaines et les étudiants rencontrent les enseignants de communication visuelle lors du développement du projet. La mise en forme est (en tout cas, devrait être) pensée en même temps que le projet lui-même. L’objectif est de faire prendre conscience que la mise en scène du projet à travers sa communication ne doit pas se faire au dernier moment ou a posteriori. La réflexion et les choix propres à la communication du projet (grille de mise en page, structure générale, hiérarchies des différents éléments, couleurs, choix typographiques) permettent la plupart du temps de se poser les questions sur le projet-même, se remettre en question ou, au contraire, valider et avancer. «Ce que je montre et la manière dont je le montre correspond-il à ce que je veux dire, à ce qu’est mon projet ?»

L’enjeu de l’exercice est aussi de se poser les questions de l’échelle de la présentation. Le format A0 peut se construire comme une affiche, comme un support signalétique, un signal. Il devient équilibre entre visibilité et lisibilité. Envisagé comme une affiche ce support doit donc pouvoir être vu autant que lu, et attirer l’attention tout en renseignant des intentions. Contrairement à l’exercice précédent (analyse de logements compilées dans un cahier A4), tout le projet est mis en scène dans le même espace. La réflexion se portera avant tout sur l’échelle, les tailles et la hiérarchie entre les différents éléments du projet.

Chaque projet, chaque concept étant différent, il n’existe pas de recettes prédéfinies pour communiquer. L’échange entre enseignant et étudiant s’appuie sur le projet et son avancement et surtout sur le dialogue et l’argumentation. Le sujet architectural sert de base à la réflexion graphique et les questions sur la mise en scène permettent le va-et-vient vers la compréhension du projet. «Qu’est-il important de montrer et de donner à voir ?» «Ai-je vraiment besoin de cet élément pour faire comprendre mon projet ?» «Mon schéma d’intention correspond-il avec le concept final ?» «Perçoit-on mes intentions de mise en scène ? Est-ce en cohérence avec mon projet ?» etc.

L’exercice in abstracto se prolongera dans un second temps (jusqu’à la fin du premier semestre) en la conception d’un projet in situ, où la réflexion architecturale s’ancrera dans un territoire identifié.

Ci-dessous quelques exemples de projets des étudiants de la promotion 2008-2009.

Double flexibilité, Anaïs Méneau

Double flexibilité, Anaïs Méneau

La flexibilité de part et d’autre de la rue intérieure, Marine Puissant

La flexibilité de part et d’autre de la rue intérieure, Marine Puissant

Modularité autour d’un cœur, (?) Mathore

Modularité autour d’un cœur, (?) Mathore

D’un noyau central à l’annexion, Annabelle Monguillon

D’un noyau central à l’annexion, Annabelle Monguillon

Multiplicité des entrées, Thibaut Szadel

Multiplicité des entrées, Thibaut Szadel

Intervention minimum, Nicolas Dubois

Intervention minimum, Nicolas Dubois

Une flexibilité de conception… un module multifonctionnel, Alexandra Domagne

Une flexibilité de conception… un module multifonctionnel, Alexandra Domagne